grue cendrée

Tout d’abord, un grand merci à toutes les personnes que j’ai eu la chance de rencontrer en 2018.

C’était vraiment une année incroyable avec une nouvelle vie en colocation dans une maison des Landes, une mission d’horticulteur, des photos d’animaux sauvages au lever et au coucher du soleil, caché dans des cabanes, la co-organisation d’une marche pour le climat mémorable, des étoiles et des projets plein la tête, une famille et des amis toujours présents, un fils rayonnant…

Dans un an, nous serons en 2020 ! 2020, cette date qui nous semblait tellement éloignée quand on nous parlait du climat, des problèmes énergétiques, de l’épuisement des ressources, des peak oil, ou de tout genre de prévisions alarmistes.

Protocole de Kyoto
Protocole de Kyoto – 1997 -> 2012 -> 2020

Peut-être parce que le 11 décembre c’est mon anniversaire, j’ai commencé, il y a de nombreuses années, à m’intéresser au Protocole de Kyoto (signé le 11 décembre 1997), et à espérer que les représentants de nos pays prennent leurs responsabilités et soutiennent un développement que l’on dénommait, à l’époque, durable. Ce protocole de Kyoto définissait les règles pour gérer l’impact humain sur le climat de 2005 (date d’application) à 2012. Sans réel successeur, cet accord a été prolongé jusqu’en 2020, date à laquelle l’accord de Paris de 2015 (COP21) doit prendre le relais.

Cette date de 2020 a pendant toutes ces années, était un repère, un peu comme 2100, 2050, ou 2030 aujourd’hui. Une vision lointaine pour ne pas effrayer, laisser penser qu’on avait le temps d’agir pour régler le problème du climat.

Seulement voilà, 2020, c’est dans un an maintenant, et à voir les derniers chiffres communiqués par le GIEC, l’augmentation des gaz à effet de serre de la majorité des pays (au lieu de leurs baisses drastiques), les records de température qui s’envolent année après année, cette échéance de 2020 n’a été prise au sérieux par aucun de nos gouvernements sur cette planète.

Détournement de l'œuvre La Liberté guidant le peuple
Détournement de l’œuvre (CC BY-SA 2.0)
 La Liberté guidant le peuple

Conséquence, 2020 ne ressemblera sans doute pas au 2020 espéré. L’année 2018 a indiqué la tendance, et ce n’est pas faire preuve de clairvoyance, que de penser que 2019 prolongera la crise qui s’installe dans la durée.

Bien sûr, il y a de belles actions à souligner, comme l’action de l’Affaire du Siècle, qui comme dans de nombreux pays, met un gouvernement devant sa responsabilité sur l’inaction face à la menace climatique. A l’heure où j’écris ce billet, nous sommes plus de 1,6 millions à avoir signé cette pétition de soutien.

Il y a aussi tous les mouvements alternatifs qui continuent leurs développements comme Alternatiba pour ne citer qu’une initiative locale, devenu un mouvement international de référence.

En parallèle, 1984, le roman de George Orwell, c’était Il y a 35 ans, et la France s’apprête à tester la détection faciale pour interpeller les personnes au comportement suspect, sur le modèle chinois. 2019, c’est aussi l’année pour laquelle Isaac Asimov, prédisait lors d’une interview en 1984 : “En bref, il y aura une coopération croissante entre les nations et entre les groupes au sein des nations, non pas par une croissance soudaine d’idéalisme ou de décence, mais par la prise de conscience désespérée que rien de moins que cela signifierait la destruction pour tous.”. Peut-être avait-il entrevu les négociations des COP1 à 24…. Ça semble mal barré pour la Fondation…

Donc voilà, en ce qui me concerne, j’ai choisi de rejoindre les rangs des collapsologues, pensant que le mal est fait, et compte tenu de l’inertie et des effets domino, nous n’éviterons plus un effondrement de nos sociétés. Pour rester dans une énergie positive et inventer une résilience à la hauteur de cette hypothèse, je participe à la création d’une association locale sur cette thématique, “Les Kolapsonautes du Pays basque et du Sud des Landes“.

Énergies fossiles, climat…

Définissant mes priorités pour la prochaine année 2019, priorités personnelles (avec toujours plus de simplicité volontaire, moins de biens plus de liens, apprécier l’instant présent et notre confort actuel) et priorités professionnelles pour tenter de rester cohérent, cette prise de position sera sans aucun doute une aventure inédite et incroyable. Le long fleuve tranquille de la vie continue, mais il commence de plus en plus à accélérer vers la cascade (cf Pablo Servigne). Un défi colossal pour les esprits créatifs des “optimistes plus”.

Pour conclure ce billet, je vous propose de prendre quelques instants pour écouter Greta Thunberg, que nous avons, pour la plupart, découvert lors de la dernière COP24.

We need to keep the fossil fuels in the ground, and we need to focus on equity.
And if solutions within the system are so impossible to find, maybe we should change the system itself. We have not come here to beg world leaders to care. You have ignored us in the past and you will ignore us again. We have run out of excuses and we are running out of time. We have come here to let you know that change is coming, whether you like it or not. The real power belongs to the people. “

Je vous souhaite à tous une merveilleuse année 2019 !

*joke TDCD = Terre Détruite & Climat Déréglé